Portrait dressé par le média jactiv.ouest-france.fr sur le 1er décembre 2015 :
Lien original : http://jactiv.ouest-france.fr/ils-sactivent/initiatives/domoina-est-reporter-benevole-pour-cop-21-56807
Climate tracker, c’est le statut de Domoina Ratovozanany pendant la COP21. Bénévole pour l’association Global Call for A Climate Action, la jeune malgache commente l’avancée des négociations en rédigeant des articles pour des médias internationaux.
« Assister à des réunions, faire le point sur les négociations, écrire des articles »… c’est le quotidien de Domoina Ratovozanany pendant la COP21 à Paris. Après avoir répondu à une annonce de Global Call for A Climate Action, une organisation canadienne non-gouvernementale pour le climat, en avril dernier, la jeune femme a été choisie parmi 2000 candidats pour être « Climate Tracker ». « Notre but ici est d'interpeller les négociateurs avec nos articles, de leur indiquer ce que les citoyens et ce que la population attend, mais aussi de dire qu'une proposition, décision ou modification par rapport au texte ne convient pas » indique la Malgache.
Le groupe est multilingue mais ils ne sont que deux à être francophones. « Je suis fière d’être la première Malgache sélectionnée pour être climate tracker mais aussi de représenter les pays du Sud dans ces actions pour l’environnement et la sauvegarde de la biodiversité » déclare la souriante bénévole.
« Les mots ont un sens et peuvent changer les choses ».
Née à Antananarivo, dans la capitale, la trentenaire a toujours vécue en ville. Elle a découvert la nature malgache et son incroyable diversité lors de vacances. Tout en suivant des études supérieures en communication, elle s’engage dans diverses associations et devient consultante nationale en communication pour le Programme de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) contre l’invasion de criquets. « J’aime écrire depuis l’enfance. Mes études m’ont permis de comprendre à quel point les mots ont un sens et peuvent changer les choses »confie Domoina. Pour elle, l’écriture n’a rien de démodé. Il suffit d’adapter le message à son auditoire. « Tous les Jeunes sont sur Facebook ou regardent la télé. Il faut faire des campagnes de sensibilisation qui puissent être entendues en fonction du niveau d’éducation de chacun » persiste- t’elle.
Une association avec les jeunes contre les changements climatiques
Son engagement associatif elle le poursuivra avec Charma - Charité pour Madagascar, dédiée à la sensibilisation des jeunes pour l’environnement.« Ce média suivra régulièrement le respect ou les manques du gouvernement face au traité qu’il va signer à la fin de la COP21. Nous irons aussi sur le terrain pour montrer des gestes simples possibles au quotidien » explique - t’elle. « Nous ne devons pas attendre que les pays développés nous aident ou nous apportent des solutions. Nous devons penser à des mécanismes différents, de financement entre les pays en voie de développement, avec des coopérations Sud-Sud ou avec les réseaux sociaux par exemple » insiste la jeune femme.
Sur l’issue de la COP21, Domina pense « qu’un accord sera signé, c’est sûr ». Là où elle doute, c’est sur un accord contraignant ou le fond du traité serait plus fort que la forme. « Cette COP représente, les deux semaines où je vais travailler le plus dans ma vie. Elles seront aussi les plus passionnantes. Surtout s’il y a finalement, un accord utile et bénéfique pour l’Humanité » conclut-t’elle le regard rieur et rempli d’espoir.
Camille GOUY.
(Contributrice Jactiv, étudiante à SciencesCom)